L’inventaire des cabrioles

Le 21 juin 2011.

inventaire cabrioles 016Elodie et son associée Déborah s’installent en agriculture biologique. Elles lancent un projet d’élevage de chèvres du Poitou avec transformation du lait en fromages et ferme pédagogique avec ateliers divers pour le public scolaire plus particulièrement. Un sentier d’interprétation (ouvert aussi bien aux scolaires qu’au grand public) avec visites guidées ou libres sillonnera les 22 hectares du domaine, tous regroupés autour du siège d’exploitation. Ce projet est aidé par l’association et la fondation Terre de liens.

inventaire cabrioles 016Dans le cadre du bail signé avec Terre de liens, il est prévu un diagnostic socio-environnemental afin de pouvoir évaluer, sur le long terme, l’impact d’une telle entreprise sur et dans son milieu. Pour l’impact environnemental, Elodie et Déborah ont fait appel à deux associations afin d’établir un « état zéro » de la ferme au moment de la prise de possession : le GRETIA et l’AFFO. Le GRETIA a déjà réalisé deux soirées d’inventaires (avec chasses de nuit) pour évaluer le potentiel en insectes nocturnes. L’AFFO a investi la ferme des cabrioles samedi 18 juin, répondant ainsi à l’appel d’Elodie et de Déborah … ! , afin de réaliser un inventaire botanique, mammalogique, ornithologique et entomologique. C’est ainsi que sur les coups de 9 heures Francis, Aurélien, Jeanne, Martine, Jean-Claude, Dominique, Alain, Marion et Christophe se sont retrouvés autour d’un café d’accueil pour prendre connaissance des objectifs et des lieux. Dans une chaleureuse ambiance, équipée de tout le matériel et des guides d’identification nécessaires, la joyeuse bande est partie inventoriée le vivant (ou au moins une partie !) sur les terres de la Blanchardière de Landres (nom du lieu-dit où est implantée la ferme).

inventaire cabrioles 016Et, dans des biotopes bien différents, il y avait du travail ! Le matin, le verger, le long chemin creux au sud de l’exploitation, quelques prairies, un petit bois sont passés au peigne fin. Le temps, bien menaçant, a eu pitié des prospecteurs en les préservant de toute averse intempestive. La chaleur n’était pas au rendez-vous et le soleil jouait à cache-cache avec de gros cumulus parfois bien sombres. Pendant ce temps, d’autres bénévoles mais non naturalistes donnaient un coup de main aux propriétaires pour piqueter un mur, transporter des gravats, abattre un plafond … bricoler quoi !  Sur les coups de midi trente, les burins et les marteaux furent posés à terre, les brouettes mises à l’abri dans le hangar, les filets à papillons et loupes de botaniste déposées sur une table : le barbecue était prêt ! Avant de passer à table, une petite visite aux chèvres fût organisée avec les explications de la maitresse des lieux sur le projet et tous les nombreux et gros travaux restant à faire.

inventaire cabrioles 016Les grillades étaient cuites à point et il ne restait plus qu’à passer à table. Les sacs furent ouverts : quiches, charcuteries, salades variées, grillades ont été mises en commun autour de la grande table et partagées afin de reprendre des forces avant le travail de l’après-midi ! Dégustation de cidres, de poiré, de vin de sureau avant la ronde des desserts où la framboise (fruit de saison en pleine production à cette mi juin) était la reine ! Quel régal !

Un petit café ou un thé, encore quelques échanges puis tout le monde est reparti à ses occupations. Pour les naturalistes de l’AFFO, il y avait au programme la mare, la prairie naturelle, une bordure de bois, l’étang, la longue haie le long du ruisseau de La Landres jusqu’à sa source en bordure de l’exploitation … mais chez l’agriculteur voisin qui nous avait gentiment ouvert ses prés pour l’occasion.

Cette fois, le travail fût un peu gâché par quelques averses bien senties et même quelques coups de tonnerre. Mais les arbres sont suffisamment nombreux sur l’exploitation pour apporter des abris efficaces. De nombreux et vieux têtards de charme, splendides, furent admirés tout au long de la journée, tant dans les haies des chemins creux que celles qui bordent les prairies. En fin d’après-midi, tout le monde se retrouve dans la salle de travail où les loupes binoculaires de la Naturathèque de l’Orne avaient été installées : elles ont permis de préciser des identifications délicates.

inventaire cabrioles 016

inventaire cabrioles 016

Un premier bilan rapide, et qui reste à préciser bien entendu, montre que plus de deux cents plantes ont été identifiées, dont quelques unes présentent un intérêt certain. Il reste maintenant à établir la liste complète des espèces observées, réparties milieu par milieu (7 milieux ont été inventoriés), et la transmettre à qui de droit.


Serge Lesur