L'autoroute A28 dans l'Orne


Afin de réaliser l'axe Calais - Bayonne (autrement appelée La Route d'Or !) les gouvernements qui se sont succédé ont lancé la réalisation d'un tracé autoroutier nord-sud à travers la France. Ce tracé traversant l'Orne suivant un axe approximatif Alençon - Sées - Gacé - Vimoutiers permettra de relier Le Mans à Rouen. La partie Le Mans - Alençon a été réalisée à la fin des années 1990 par la société Cofiroute qui en assure l'exploitation...

 

 


Sommaire

I - Le projet présenté
Tracé de l'A28
 
II - En quoi l'AFFO n'est-elle pas d'accord ?
Quel est le problème?
Le site de Bois-Roger
La position de l'AFFO
 
III - L'action de l'AFFO
Historique du dossier (c'est une longue histoire)
 
IV - Les résultats
V - En guise de conclusion

 

 

 

I - Le projet présenté

reseau-autorouteAfin de réaliser l'axe Calais - Bayonne (autrement appelée La Route d'Or !) les gouvernements qui se sont succédé ont lancé la réalisation d'un tracé autoroutier nord-sud à travers la France.

Ce tracé traversant l'Orne suivant un axe approximatif Alençon - Sées - Gacé - Vimoutiers permettra de relier Le Mans à Rouen.

La partie Le Mans - Alençon a été réalisée à la fin des années 1990 par la société Cofiroute qui en assure l'exploitation.



Vue aérienne de l’étang de Bois-Roger (61500 Neauphe-sous-Essai) après la construction de l’autoroute A28 : les prairies humides à l’ouest de l’étang (et les espèces inféodées) sont maintenant en partie sous le goudron !

 

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II - En quoi l'AFFO n'est-elle pas d'accord ?

Quel est le problème ?

La réalisation d'une autoroute est toujours très destructrice de paysages, d'espèces, de biotopes … mais l'association estime qu'il n'est pas de son ressort de définir la politique autoroutière de la France, la fédération des associations de protection de la nature et de l'environnement - France Nature Environnement à laquelle l'AFFO adhère - est mieux placée pour le faire. Donc si une autoroute doit être construite dans le département de l'Orne, nous avons décidé de ne pas nous y opposer mais de faire en sorte que son passage soit le moins destructeur possible et que les réalisateurs respectent les lois en vigueur relatives à la protection de l'environnement.

L'ensemble du tracé de l'A28 ne pose pas de gros problèmes environnementaux, mais il se trouve un lieu extrêmement riche (pour le département en particulier) et voisin du tracé envisagé pour la future autoroute. Il s'agit du site de BOIS ROGER, site privé situé sur la commune de Neauphe-sous-Essay. Composé d'un étang, de bois humides et de prairies marécageuses ce site est remarquable tant pour sa flore que pour la faune qui s'y abrite, qui y vit, qui y fait relâche (les oiseaux d'eau en particulier et les migrateurs).

bois-roger-photo-aerienne


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Le site de Bois-Roger

 
  • etang-brDes habitats composent une mosaïque remarquable en un endroit à l'écart de la " civilisation ", juste troublée par le passage (bref et peu fréquent) d'un train sur la voie ferrée voisine, halte pour la faune et pour le promeneur ;
    Détail

  • coeloglossum-virideUne flore intéressante et rare pour la région, certaines espèces étant sur la liste des espèces protégées au niveau national, régional ou départemental ;
    Détail

  • euphydryas-auriniaUne faune diversifiée riche composée de papillons, batraciens et reptiles protégés eux aussi ;
    Détail

  • La circulation de l'eau dans ce site est très originale : nous sommes en présence d'une tourbière de type soligène alimentée par de l'eau alcaline. Ce type correspond aux tourbières de sources, de suintements ou de ruissellement d'eau sur des pentes moyennes à faibles, ou encore de percolation sous la surface du sol. Cette circulation sera fortement perturbée par les remblais nécessaires au passage de l'autoroute. Tous les biotopes environnants s'en trouveront bouleversés.

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La position de l'AFFO

La position de l'association est très claire sur le sujet et n'a pas varié depuis le début du dossier : on ne passe pas sur Bois Roger.

Cette position a été réaffirmée en Conseil d'Administration de l'association en 2001 et aussi lors de la réunion de bureau de l'association en date du 8 février 2002.

Aucune transaction ne peut être acceptée. La seule solution qui serait envisageable est le déplacement de la voie ferrée vers l'Ouest pour permettre à la voie autoroutière de passer sur le remblai actuel de la voie ferrée. Aucun autre tracé ne peut prendre en compte l'environnement, si ce n'est la variante Est proposée au tout début des études et qui évite le site dans son intégralité.

La zone concernée par le projet autoroutier est un site qui comporte des espèces patrimoniales et des habitats protégés au sens des Directives Européennes et à ce titre elles doivent être protégées par l'Etat (Articles 12 à 14 de la Directive 92/43/ CEE du Conseil du 21 mai 1992).

Bois Roger doit être préservé dans son intégralité.

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III - L'action de l'AFFO et historique du dossier

L'action de l'association a commencé dès les débuts du projet en 1990. Tout de suite nous avons alerté les responsables du dossier (administrations concernées) et les élus du département. Nous avons participé aux réunions de travail, enquêtes, réunions publiques etc… organisées pour la venue de l'autoroute.

Nous avons continué en interpellant les ministres et en menant des actions en justice. Nous avons informé l'ensemble des personnes qui avaient à connaître du projet et de ses conséquences sur l'environnement et le patrimoine naturel ornais.

La bataille dure depuis plus de treize ans !

Une tragédie en trois actes !

  1. La constitution du dossier, l'interpellation des administrations et élus, puis les recours en justice (1990 - 1997)
  2. Les interpellations au niveau ministériel (1997 - 1999)
  3. Le combat continue (2000 - 2003 pour l'instant !)

Historique complet du dossier

Pour tout renseignement, plus détaillé et précis sur les actions menées, n'hésitez pas à contacter l'AFFO !

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IV - Les résultats

L'AFFO a déposé dans le cadre de l'enquête publique. Ses conclusions ont été reprises en partie par la commission d'enquête qui conclut à un avis défavorable à la réalisation du tracé autoroutier retenu pour " atteinte importante à l'environnement sans véritables mesures compensatoires protectrices ".

Malgré cette décision, toutes les démarches ultérieures, les interpellations d'élus, les dossiers en recours : rien n'y a fait. Les travaux de construction de l'A28 ne vont pas tarder à commencer !

Bois Roger va être massacré par les bétonneurs sous la responsabilité des politiques successives et de leurs responsables.

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V - En guise de conclusion

L'ensemble du site de Bois Roger se caractérise comme une zone écologique tout à fait remarquable. Il fait partie des 10 sites les plus intéressants du département de l'Orne. Sa préservation est donc nécessaire et indispensable.

Sept habitats et sept espèces faunistiques relevant de la directive européenne 92/43 CEE du 21 mai 1992, plusieurs espèces végétales protégées au niveau national, régional ou départemental vont être altérés ou vont disparaître.

Les mesures de protection sont nombreuses et peuvent s'appliquer à Bois Roger. A une époque où la volonté de préserver l'environnement s'affiche de plus en plus, après les paroles, il s'agit maintenant de passer aux actes !

La réalisation de l'A28 sera responsable de la modification hydrologique du site entraînant, ipso facto, la destruction irrémédiable et irréversible d'habitats remarquables et la disparition des espèces faunistiques et floristiques qui leur sont inféodés.

Il semble bien que cette situation catastrophique pour le patrimoine naturel de l'Orne provienne, à l'origine, d'une incompétence de l'organisme qui le premier a proposé le tracé de l'autoroute entre l'étang de Bois Roger et la voie ferrée. Enfermés dans un " système " cette erreur n'a jamais pu être récupérée par aucun décideur. Les politiques ne se sont jamais investis dans la recherche d'une solution.

La seule solution reste le changement du tracé de l'A28 au droit de Bois Roger comme nous le demandons depuis plus de 10 ans.

A défaut, nous tiendrons les politiques et les administrations concernées comme seules responsables du massacre annoncé.

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L'AFFO, le samedi 1er mars 2003