Exposition : Comment valoriser nos déchets organiques


Le contexte


Chaque kilogramme de biomasse végétale et animale qu’on ne réintroduit pas dans le processus de formation des sols, affaiblit la capacité de production de l’écosystème et devient une menace de pollution des eaux et/ou de l’air.

 

Valoriser sur place ou éliminer les déchets organiques ?

contexte_1Est dite organique toute matière transformée ou non qui provient d’êtres vivants (animaux ou végétaux).

Le tiers du volume des poubelles domestiques est constitué de matières organiques pouvant être transformées en compost : tontes de pelouse, taille de haies, feuilles mortes, épluchures… Cela représente en moyenne 50 à 70 kg de déchets de cuisine et de 50 à 100 kg de déchets de jardin par habitant et par an.

Le rejet de ces matières entraine un coût collectif pour leur transport et leur transformation; il est donc préférable de les récupérer sur place.

 

Dans la nature, tout se transforme.

La forêt a résolu le problème d’une manière très simple : les déchets des uns servent de subsistance aux les autres.

Les végétaux et les animaux morts se désagrègent et se décomposent sur place. Les matières végétales se transforment en sels minéraux et en humus, et les matières animales en éléments simples comme le carbone ou l’azote. L’humus formé améliore la terre et nourrit lentement les plantes. Rien n’est perdu et chaque nouveau cycle de vie s’enrichit des apports du cycle précédent.

La décomposition des matières organiques ne libère pas d’autres substances que celles qui sont inhérentes à la vie. Par contre, les sacs poubelle, le ramassage, le transport, l’incinération, la mise en décharge engendrent des coûts financiers importants et des pollutions environnementales.

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Compostage : Le principe


Composter : c’est rendre au sol son humus, rendre au cycle de la nature une partie de ce que l’on a prélevé.

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Le compost, produit d’une fermentation aérobie

Le compostage est un procédé naturel qui transforme, en présence d’oxygène (aérobiose), la matière organique en un produit ressemblant à de la terre, appelé humus ou compost.

La matière organique est décomposée par toute une chaine alimentaire formée de micro-organismes (bactéries et champignons) et d’invertébrés.

 

Les bonnes conditions pour le compostage

Pour se développer et assurer le compostage, les êtres vivants ont besoin :

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  • d’oxygène,
  • d’eau mais pas trop,
  • d’un milieu non acide,
  • de carbone (source d’énergie),
  • d’azote,
  • de sels minéraux.

 

 

Les avantages du compost

  • Favorise la croissance des végétaux.
  • Favorise le développement des racines.
  • Améliore le rythme de diffusion des nutriments.
  • Améliore la porosité du sol.
  • Améliore la rétention de l’eau.
  • Accroît la résistance à l’érosion par le vent et l’eau.
  • Favorise la limitation de maladies chez les végétaux.

 

Attention : Il ne faut pas confondre décomposition (ce qui se produit dans le compostage) et pourriture. Les processus de pourriture se produisent en absence d’oxygène et dégagent de mauvaises odeurs.

 

Compostage : Les déchets


Que peut-on composter ?

En principe, tout ce qui est produit par la nature peut être composté.

compostage_2_1Les restes de cuisine :

  • épluchures de légumes, de fruits, etc.
  • résidus de repas,
  • marcs de café et sachets de thé,
  • coquilles d’œuf,
  • os,
  • coques de noix, de noisettes…
  • huile de friture,
  • coquilles de moules et carapaces de crustacés.

 

 

compostage_2_2Bouquets de fleurs et plantes d’appartement - Déchets de jardins :

  • coupes de gazon
  • feuilles mortes
  • branches broyées
  • restes de jardins potagers et de jardins d’agrément.

 

 

Litières d’animaux domestique, fumier d’écurie, cendres de bois, sciure et copeaux de bois, paille et foin, papiers de type essuie-tout, carton épais, cheveux, poils et plumes...

 

Compostage : Les techniques


Le compostage en tas

compostage_3_1Il convient surtout aux grands jardins (plus de 1000 m2 environ), qui génèrent beaucoup de déchets d’entretien.

Il s’agit simplement d’entasser dans un endroit ombragé du jardin, tous ces déchets organiques tout en respectant les règles essentielles du compostage.

Un tas de compost n’est pas un tas de déchets abandonné au fond du jardin.

Pour se transformer rapidement et complètement en compost, le tas de déchets doit faire l’objet d’attentions et d’interventions brèves et limitées mais au bon moment. Il faut veiller à ce que l’aération, l’humidité et le rapport carbone/azote soient favorables à la décomposition de la matière.

Le compostage se fait en deux étapes :

  • accumulation des déchets sur le tas de stockage
  • montage du tas de compost définitif par couches de 20 cm et retournements réguliers pour l’aérer


Avantages : Le tas est plus aisé à manipuler. Il permet un meilleur contrôle de la montée en température.

Inconvénients : Le tas prend plus de place au sol qu’un composteur et peut être jugé inesthétique.

 

Le lombricompostage

compostage_3_2Dans cette technique, la décomposition de la matière organique est confiée essentiellement à l’activité d’un ver, Eisenia foetida.

Ce ver est introduit dans le bac de compostage en apportant d’abord du fumier où il est présent en abondance. Les déchets organiques sont ensuite ajoutés petit à petit.

L’aération du compost est assuré par les vers qui creusent des galleries.

 

Le compostage en silo

compostage_3_3La technique du compostage en silo est sensiblement la même que celle du compostage en tas. L’idéal est de disposer de 3 silos. Tout dépend de la quantité de matière à traiter. L’idéal est de disposer de trois silos  : un pour le jeune compost, un pour le premier retournement, et un pour le second retournement.

Avantages : Ils prennent peu de place et s’intègrent facilement dans un petit jardin. Le couvercle permet de protéger le compost du dessèchement comme des pluies abondantes.

Inconvénients : Dans un silo, le mélange des matériaux entre eux et l’aération du compost est plus difficile. Leurs dimensions plus modestes ne permettent pas d’atteindre le volume critique nécessaire pour obtenir une température élevée au cours de la fermentation bactérienne. La température obtenue est insuffisante pour éliminer tous les germes pathogènes, les parasites et les graines d’herbes indésirables.

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Le paillage


paillage_1Certains déchets du jardin peuvent constituer d’excellents paillis, ou mulchs, destinés à protéger la terre et les plantes, et à limiter le développement des herbes indésirables : tontes de pelouse, tailles des arbustes et des haies, feuilles mortes, tiges et feuilles sèches des fleurs vivaces, broyat de branches.

Le paillage maintient l’humidité du sol en été, entretient un humus de type forestier idéal pour la plupart des plantes d’ornement, permet au sol de conserver une structure meuble et favorable à l’enracinement.

 

Déchets verts : des gestes à ne pas faire

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  • Jeter les déchets verts dans un chemin abandonné ou dans un espace naturel peu fréquenté. C’est interdit et de plus cela favorise le développement des orties et peut être cause de pollution de l’eau.

  • Brûler les déchets verts : c’est une nuisance et un gâchis.

  • Jeter les déchets verts à la poubelle, sauf dans le cas de tri sélectif et de compostage collectif. Mais, même dans ce cas, autant profiter vous-même de vos propres déchets verts.

 

Les toilettes sèches


Nos déjections ne sont pas des déchets à éliminer, mais font partie intégrante de l’écosystème qui nous fait vivre. Notre alimentation vient de la terre, nos déjections doivent y retourner, mais suivant un processus qu’il vaut mieux connaître afin de ne pas commettre de fautes irréparables.

L’objectif est d’utiliser nos déjections pour la production de compost.

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Il faut tout d’abord empêcher l’uréase - une enzyme présente dans les déjections - de transformer l’azote organique en ammoniac inutilisable pour la synthèse de l’humus.

La cellulose végétale inhibe les réactions enzymatiques (à l’origine des odeurs désagréables) qui minéralisent la matière organique des déjections. Il faut donc ajouter, à nos déjections, de la cellulose végétale (sciure de bois).

L’adjonction de cellulose augmente le rapport carbone/azote et favorise de ce fait le compostage.

Un détail important : le blocage des réactions enzymatiques n’a lieu qu’en milieu humide, donc en présence d’urine

 

Mode d’emploi :

  • toilettes_2On dépose au départ une couche de quelques centimètres de sciure de bois (des essences locales) au fond du seau de la toilette.

  • Après chaque utilisation, couvrir les selles avec une feuille de papier toilette et un peu de sciure que l’on humidifie à l’aide d’un pulvérisateur.

  • Ne pas attendre que le seau soit trop rempli et lourd pour vidanger dans le carré à compost.

  • Rincer et égoutter le seau avant de le remettre en service.

 

 

 


Exposition réalisée par l’Association Faune et Flore de l’Orne en 2007 grâce au soutien financier du Conseil Régional de Basse-Normandie
Pour tout renseignement, contactez l'AFFO au 02 33 26 26 62 ou par courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.