Mésange charbonnière

mesange-charbonniere

CLASSE : Oiseaux
ORDRE : Passériformes
FAMILLE : Paridés
NOM LATIN : Parus major
DESCRIPTION : Bec noir, court et épais; corps très coloré ; mâle : bande noire ventrale assez large; femelle :bande plus étroite et moins régulière.
HABITAT : Terrains dégagés avec arbres, forêts, haies, vergers, jardins, abord des habitations.
ACTIVITÉ : Diurne. S’associe peu à d’autres mésanges. Descend fréquemment à terre.
REPRODUCTION : Une ou deux pontes par an. 7 à 11 œufs tachetés finement de rouge violacé. Incubation :14jours. Les jeunes quittent le nid à 15 - 23 jours et sont indépendants 8–22 jours plus tard. Longévité maximale : 9 ans.
 

« Oh la belle petite mésange »…

Peu d’oiseaux sont reconnus et nommés ainsi , sans hésitation! La mésange charbonnière partage sa popularité avec moineaux, rouges-gorges et pinsons, mais la liste n’est pas très longue. En fait cet oiseau est présent dans tous nos jardins, des villes comme de la campagne. Elle est là partout où il y a des arbres : en forêt aussi bien que dans le bocage ou les parcs. Pour la voir, il suffit de sortir : la petite boule de couleurs qui volète sous nos yeux, c’est elle !. Son capuchon d’un noir luisant autour de la tête lui a donné son petit nom. Le reste du corps est un mariage heureux de couleurs avenantes : ventre citron, ailes bleu gris avec des liserés clairs, dos kaki, joues de neige.

Un signe distinctif de ces petits oiseaux ? Ils sont toujours en mouvement. Animés d’une activité fébrile et apparemment désordonnée, ils volent de branches en branches, explorant du matin au soir un territoire qui, de toute leur vie, ne dépassera pas 3 ou 4 ha. Le moindre cm2 est inspecté dans l’espoir de trouver pitance. A la belle saison, chenilles, pucerons, petits papillons, sauterelles…composent un menu copieux. Cet oiseau de 18 gr mange son propre poids d’insectes par jour. Une telle activité pour trouver de la nourriture nécessite de l’énergie à revendre et donc…de la nourriture ! Le moindre recoin, le dessous des feuilles, les fissures d’écorce, toutes les cavités sont explorés minutieusement pour trouver de quoi se rassasier. Mais l’automne et l’hiver arrivent, apportant une nouvelle contrainte : la nécessité de combattre le froid. Les insectes se raréfient . Alors les mésanges se rabattent sur les baies de sureau, les graines de pins, tous les fruits offerts par les haies et plantes sauvages. Munies de deux pattes extrêmement robustes, elles peuvent prendre des postures acrobatiques, tête en bas, pour aller décrocher telle samare d’érable ou de charme. Leur bec, très dur et puissant, leur permet d’extraire beaucoup de denrées. Mais c’est alors qu’elles apprécient particulièrement les mangeoires bourrées de graines de tournesol et de graisse que nous leur proposons dans nos jardins. La joie est alors partagée, leur spectacle de couleurs égayant ces jours de grisaille.

Déjà, au plein cœur de l’hiver, ce petit oiseau pense au printemps. L’instinct de vie est là, le poussant à répertorier chaque trou de son territoire. Pourquoi ? Pour préparer son futur logis. Nichant uniquement dans les cavités, il va les essayer les unes après les autres, et sélectionner la meilleure. Un jour ce sera une branche trouée, le lendemain, un tuyau, ensuite une faille d’un mur ou une boîte aux lettres désaffectées. Le paradis, c’est peut-être un nichoir artificiel bien étanche, avec une ouverture soigneusement ajustée. Mais les amateurs sont nombreux. Le trou aussitôt choisi (par monsieur) dès les premiers jours de janvier, il va falloir le défendre. Alors le chant se fait entendre, un des premiers de l’année, pour marquer le territoire. Ce chant a été comparé autrefois au grincement d’une lime sur une clé, et la charbonnière fut aussi nommée « le petit serrurier ». Plus le printemps approche, et plus ce chant de dissuasion jaillit aux frontières. Le moindre mâle pénétrant dans la propriété excite la colère. Aussitôt un flot d’injures sort du gosier, puis monsieur bombe le torse, ébouriffant ses plumes, faisant ressortir la bande noire barrant son ventre. Ces tentatives d’intimidation, souvent couronnées de succès, sont stratégie courante dans le monde animal . Mais restent les plus hardis ! alors la bagarre éclate, on se vole dans les plumes et le plus fort devient maître du terrain. (Mésange proviendrait d’ailleurs de « mauvais ange » : ange pour la beauté et mauvais pour l’agressivité de ces bestioles). Mais si c’est une dame qui arrive, alors là, le scénario change : courbettes, gâteries, gentillesse, invitation à visiter le logis…Si madame est comblée, elle ne tarde pas à aménager son intérieur. Elle y entasse une abondante litière de mousse, de poils, de crins, de flocons de laine, de quoi fabriquer un matelas bien douillet. L’accouplement a lieu, et la femelle se met à pondre. Tant que la ponte n’est pas terminée, elle recouvre ses œufs de mousse. Puis, au bout du 10ème ou 11ème œuf, elle commence à couver, monsieur ravitaillant madame. Quand les petits éclosent, tout nus et tout roses, ils ouvrent aussitôt un grand bec affamé. Ce bec est bordé de jaune, ce qui permet de le distinguer dans l’obscurité du nid. Mais alors commence un véritable bagne. D’abord le papa ravitaille seul toute la maisonnée, puis la maman quand elle peut raisonnablement s’éloigner de ses petits, vient l’aider. Des centaines d’aller et retour par jours sont nécessaires, le bec chargé d’insectes divers, pour nourrir ces gloutons. Les chenilles, telles la tordeuse du chêne , la noctuelle… sont des proies privilégiées car faciles à trouver. La mésange participe ainsi à l’équilibre de nos forêts . Que deviendraient nos arbres sans ces oiseaux dévoreurs de leurs parasites ?

Pendant ce travail de titan, le nid, lui, demeure impeccable. Les parents trouvent le temps de faire le ménage. Ils évacuent les fientes des oisillons ainsi que les coquilles d’œufs en les éjectant au loin, pour ne pas attirer l’attention des prédateurs toujours à l’affût : l’épervier qui capture les jeunes ne sachant pas voler, le pic épeiche, le loir, le campagnol…Le taux de survie des jeunes n’est que de 1 ou 2 pour 10 œufs pondus. Le printemps suivant, on ne retrouve souvent sur le site qu’un des deux parents, un adulte sur deux mourant chaque année.

Dans notre jardin vient aussi l’autre petite boule de couleur, la mésange bleue. Plus petite, elle ne s’en dispute pas moins avec sa cousine pour les sites favorables ! La mésange nonnette, plus discrète, vient aussi nous rendre visite. Tous ces petits oiseaux si communs possèdent leur mode de vie particulier. Ils nous apportent en toute saison vie et gaieté.