Muscardin

muscardin 2

CLASSE : Mammifères
ORDRE : Rongeurs
FAMILLE : Gliridés
NOM LATIN : Muscardinus avellanarius
DESCRIPTION : Corps rondelet au pelage roux doré sur le dessus, museau et oreilles arrondis, yeux noirs très brillants voyant la nuit, queue couverte de poils et non maigre à anneaux contrairement aux autres rongeurs. Doigts préhensiles. Longueur :13-16cm dont 5-8cm pour la queue, Poids : 15-35g
HABITAT : Forêt de feuillus, taillis, fourrés de ronces, loin des habitations humaines
ACTIVITÉ : Nocturne. Excellent grimpeur qui se déplace avec agilité sur les branches et rameaux. Vit en couple pendant la période de reproduction ; Hiberne seul l’hiver.
REPRODUCTION : Accouplement dès la fin de l’hibernation. Une ou deux portées par an, 2 à 7 jeunes par portée. Nus et aveugles à la naissance, l’allaitement dure 4 semaines, et l’émancipation intervient à un mois et demi. Longévité : 3 ans.
 

Un rongeur insaisissable

Promeneur ou naturaliste, tout le monde aimerait rencontrer une bestiole aussi sympathique et pacifique, mais il ne faut pas rêver : le muscardin, bien présent, est difficile à trouver. Même des prédateurs potentiels et chevronnés, qui en feraient volontiers un bon repas, ont du mal à le dénicher. Jamais on n’a retrouvé de traces de ses os par exemple dans les pelotes de réjection des chouettes. Ce joli petit animal agile et gracieux, à la fourrure claire, aux yeux vifs et intelligents, cultive discrétion et prudence.

Le printemps venu, où loge-t-il ? Dans un endroit ensoleillé de préférence, clairière, haie, coupe à blanc d’une forêt, ce qui est le comble pour un animal nocturne ! En fait, ce n’est pas la lumière qu’il y recherche, mais les plantes qui s’y développent. Lianes, ronces, framboisiers lui fournissent nourriture et habitat.

Au crépuscule notre « rat d’or » sort de sa demeure. Très prudent, il scrute les alentours puis se livre à une toilette soignée. Ensuite il part à la recherche de nourriture sur un petit territoire de 20 à 30 ares. Baies et fruits, mures et framboises seront les biens venus. Son agilité et sa vue (très sensible même dans le noir) le transforment en acrobate, courant sur les branches armées d’épines acérées sans s’embrocher, descendant la tête en bas grâce à ses doigts préhensibles, se suspendant à un rameau par les pieds et la queue, tel un trapéziste, pour déguster une mûre. Peu de chose suffit à le rassasier. Il profite aussi de la nuit pour se construire une demeure. Ce véritable nid douillet est amarré à un tronc par une tige de viorne ou de chèvrefeuille à 2 m de hauteur ou posé dans un buisson impénétrable de ronces. Notre muscardin collecte herbes, feuilles sèches qu’il tisse en forme de boule parfaite. Il l’imperméabilise grâce à de nombreuses couches de feuilles de chêne ou de hêtre. Puis il pose moquette et rembourrage d’herbes déchirées en lanières et de graines à aigrettes de clématites ou de chardons. Il peut se construire 4 ou 5 nids ainsi, très difficiles à découvrir, s’harmonisant parfaitement à leur entourage par les matériaux utilisés. Mais la nuit, il se repose aussi, dans une position très particulière, tête vers l’avant et queue pendant en arrière, à cheval sur une branchette. Cet équilibre précaire présente un avantage : la moindre secousse le réveille et la fuite en un éclair est possible. Seul moyen de défense, son agilité le rend insaisissable. Belettes et fouines n’arrivent pas à l’attraper. La martre est trop lourde pour les branchettes qu’il fréquente. Et quelle chouette irait s’embrocher dans ces buissons épineux ? Si par malheur il était rattrapé, sa queue possède une zone de peau fragile cédant dès qu’on la tire. Les vertèbres, mises à nu, vont se dessécher et tomber. Adieu l’élégance, mais la vie est sauve !

Et le jour, que fait-il ? Il dort, mais la moindre vibration dans les branches le fait sortir de son nid. Il se faufile à travers le buisson de ronce qu’il connaît par cœur, puis s’immobilise en un lieu qu’il juge certain. Il restera ainsi, immobile et invisible, jusqu’à ce que le danger soit passé.

L’automne arrive. Il dort de plus en plus (près de 20 heures par jour). Puis un soir, il change de demeure. Il se rapproche de la lisière de la forêt qui offre tout plein d’arbustes nourriciers. Il y trouvera noisettes, glands, faines, châtaignes, cenelles, cynorrhodons, sorbes, …et même les fruits vénéneux du fusain. Il se bourre de nourriture et grossit en prévision de l’hiver. La fin de l’automne est là maintenant, la nourriture se raréfie. Son instinct lui fait entreprendre la construction d’un nouveau nid tout rond, aux épaisses parois de mousse, bien imperméable et encore plus rembourré que les précédents. Cette fois, il le bâtit au ras du sol, sous les feuilles mortes. Le temps venu, il s’y glisse en boule et s’y endort, hibernant jusqu’au printemps suivant. Grâce à la graisse accumulée, il pourra réguler sa température et ne gèlera pas. Mais la vie n’est qu’un recommencement, et qui pointe son nez aux premiers beaux jours ? Notre petit animal, tout amaigri, qui s’envole vers les hautes branches. Il y mange alors bougeons, jeunes feuilles, fleurs, et attend la saison des fruits pour retourner dans sa clairière.

muscardin

(Photographie : Jacques Rivière)