Ecureuil roux

ecureuil-roux

CLASSE : Mammifères
ORDRE : Rongeurs
FAMILLE : Sciuridés
NOM LATIN : Sciurus vulgaris
DESCRIPTION : Queue touffue, oreilles pointues terminées par un pinceau de poils, gros œil noir. Couleur variable, allant du brun au roux, ventre blanc. 36-45cm de long (dont 16 à 20cm pour la queue)
HABITAT : Bois de feuillus ou de conifères, parcs ou jardins avec grands arbres.
ACTIVITÉ : Diurne et arboricole. Vit en solitaire en dehors de la période de reproduction.
REPRODUCTION : De janvier à avril. Chaque portée contient de 2 à 5 petits. Longévité : 10 à 12 ans.
 

Un acrobate des forêts

Ce petit mammifère mérite à coup sûr le titre de surdoué. Il a réussi ce tour de force : s'attirer la sympathie des humains. Son physique avenant et gracieux y est pour quelque chose. On l'imagine volontiers petite peluche à câliner. Sa vivacité est flatteuse. Son caractère est aimable, et s'il aime vivre en pleine forêt, il ne dédaigne pas les parcs et jardins urbains. L'apprivoiser n'est pas insurmontable : il suffit d'exploiter son goût du jeu, et de lui présenter noix ou noisettes. Et puis, cet animal n'est pas un nuisible ! Il sait vivre lui, et laisse en paix ce qui pousse dans le potager. Il a le bon goût de se contenter de graines de pins, de samares, de glands, de noisettes etc… Il mange également les champignons tels que les truffes, les bolets, les agarics, sans dédaigner les vénéneux comme les amanites. Il se régale aussi à l'occasion d'insectes. Pourtant il fut autrefois la cible des chasseurs qui appréciaient sa chair fine ou qui le tuaient pour faire mouche à bon compte. Heureusement cette lubie est tombée en désuétude.

Où vit l'écureuil ? Parfois dans des arbres creux ou même dans des terriers de lapin, mais le plus souvent dans un nid de branchages recouvert de feuilles mortes et installé en haut d'un arbre. Il a capitonné son intérieur de mousse, de plumes, de laine, de lichen, et s'y couche bien au chaud sous sa queue, véritable édredon douillet. Ces résidences (car il en possède plusieurs) lui sont parfois fatales. L'écureuil vit le jour et dort la nuit, ce qui est une hérésie dans la nature. En effet, fouines, putois, chats sauvages, martres, tous grimpeurs émérites ne craignant pas l'obscurité, profitent de son sommeil pour s'offrir un bon repas. Bien sûr, l'écureuil pourrait s'enfuir par l'issue de secours qu'il s'est aménagé, mais cet animal de lumière ne voit rien dans le noir et perd ainsi toute son agilité.

Son corps puissamment musclé, ses griffes acérées, sa souplesse le transforment en acrobate des cimes qui n'hésite pas à s'élancer d'arbre en arbre. Sa queue lui sert de balancier ou de parachute, perfectionnant son adaptation à la vie arboricole.

Les journées de l'écureuil commencent le matin. Il sort de son nid, s'il fait beau car il déteste la pluie, et entreprend une toilette minutieuse : il s'étire, se peigne avec ses griffes, se frotte la face avec la paume de ses mains. Puis il se lance dans une course à travers les arbres, ne descendant sur terre en quelques secondes que pour boire ou emporter un cône de pin. Il s'arrête de temps en temps, la queue relevée en point d'interrogation, l'œil aux aguets, pour surveiller les environs.

L'écureuil n'hiberne pas. C'est même dès la fin du mois de janvier que les femelles entrent en rut. De longues poursuites amoureuses ont lieu dans les branches. La femelle, pourchassée par plusieurs mâles, fait mine de s'enfuir. Puis elle s'arrête brusquement sur une branche, et le premier arrivé sera l'élu ! Les petits naissent sourds, aveugles et nus. Il leur faudra 16 semaines pour quitter le nid. Leur enfance est heureuse : gambades, poursuites, batailles entre frères et sœurs alternent avec des jeux solitaires de manipulation de brindilles et cailloux.

L'écureuil tient de la fourmi : pendant la période d'abondance, il prend soin de constituer des réserves de nourriture qu'il dissimule ici ou là, sous des tas de feuilles, dans des vieilles souches ou des cavités. Mais il a aussi l'insouciance de la cigale, puisque l'hiver venu, il ne se souviendra plus de ses caches ! C'est le hasard qui lui fera retrouver ses trésors. Son odorat et la fouille systématique des lieux qu'il fréquente, lui permettront de récupérer ce qu'il avait dissimulé.

Pourtant, il a quand même un défaut : son goût immodéré pour l'écorce, les tiges, les bourgeons d'épicéa lui attire l'hostilité des forestiers. Mais c'est bien le seul reproche que l'on puisse faire à ce mammifère si drôle et sympathique.