If commun

if

EMBRANCHEMENT Gymnospermes
FAMILLE : Taxaceae
NOM LATIN : Taxus baccata
NOMS VERNACULAIRES :
If commun, If à baies, Ifreteau
SIGNES PARTICULIERS :
Aiguilles persistantes, molles, vert foncé dessus et clair dessous. Plante dioïque, fleurs mâles et femelles portées sur des pieds différents, très discrètes. La graine est entourée d’une coupe charnue, rouge vif, qui se développe à partir du rameau. L’arille (nom du fruit) ne provient donc pas de la transformation de la paroi de l’ovaire, et pour cette raison, l’if est donc classé parmi les gymnospermes, plantes à ovules (puis graines) nus (comme les conifères). L’if est le seul de cette catégorie à réveiller ses bourgeons dormants, d’où son aptitude à la taille.
Arbre très toxique dans toutes ses parties, son bois dur et élastique est recherché en ébénisterie, sculpture, marqueterie. Il fut utilisé pour faire arcs et flèches, empoisonnées à l’occasion avec lui-même. De croissance lente, les ifs de plus de mille ans ne sont pas rares, comme en témoignent dans l’Orne, ceux de la Lacelle, de la Lande Patry ou de Ménil-Ciboult
FLORAISON :
Février à avril
 

Ambigu et équivoque, seigneur de la mort et de l’éternité

Arbres d’histoire et de traditions, il joua un grand rôle symbolique au long des siècles ; la mort et l’espoir se mêlant étroitement à sa perception.

Sa silhouette trapue et méditative, son feuillage sombre, incitent au recueillement.

Dans le monde celte, il était l’emblème des ovates, savants gardiens des connaissances de la nature, de la médecine et des lois. D’ailleurs St Yves (dont le nom celte signifie If) est le patron des gens de lois. Dans la mythologie grecque et romaine, il est dédié à Hécate, divinité lunaire, redoutable magicienne et sorcière. Mais les prêtres célébrant Déméter, déesse féconde de la terre, portaient des couronnes de ses rameaux. En gaulle, il symbolisait l’éternité, à travers les cycles renouvelés de la nature.

Chargée de valeurs sacrées, son histoire le prédispose à l’implantation près des églises et des cimetières. Des chapelles ont été parfois installées dans leurs vieux troncs creux. L’if, l’arbre des morts ou de la mort, symbolise aussi l’éternité.

Arbre au naturel peu sociable (les taxaies sont rare) mais s’adaptant facilement à tous les terrains, l’if fut très recherché pour la qualité de son bois, notamment pour l’accastillage et la marine. Dangereux pour le bétail, Colbert par édit, en ordonna la plantation près de toute maison en construction.

Par contre, c’est le roi des jardins, et des parcs de châteaux. L’art des topiaires (sculptures de verdure), déjà développé dans la Rome antique, culmina avec Le Nôtre au XVIIe siècle.

Arbre maléfique, entrant dans de nombreuses recettes de poison, hantant les crimes de l’Antiquité à nos jours, l’if est aussi arbre bénéfique. Connu comme remède contre les morsures de vipères, on lui attribue des effets anticoagulants, tranquillisants, expectorants…On peut aussi le qualifier d’arbre d’espérance, puisqu’il est actuellement étudié et utilisé dans la lutte contre le cancer, entre autre celui du sein et des ovaires.

 

« Il faut parler des ifs comme on parle des morts
Du pelage d’automne enrobant l’eau qui dort »

Michel Manoll, « Bouquet d’arbres »