Sceau de salomon

sceau de salomon

CLASSE : -
ORDRE : Liliales
FAMILLE : Liliacées
NOM LATIN : Polygonatum multiflorum
NOMS VERNACULAIRES :
Sceau de Salomon, Grenouillet, Faux muguet, herbe aux panaris
SIGNES PARTICULIERS :
Plante vivace de 20 à 60cm. Rhizome horizontal portant de nombreuses racines fines. Tige simple, dressée, cylindrique, feuilles alternes, sessles, ovales. Fleurs en clochettes blanc verdâtre pendantes, regroupées par deux à six, sans odeurs. Baies bleu noirâtre.
FLORAISON :
Mai/juin/juillet
 

Une plante d'ombre

Délivrance de l'hiver, la promenade en début de printemps apporte maints plaisirs denses et discrets. Enfin les oiseaux pépient sans retenue, égayant nos pas. Les talus se couvrent d'émail multicolore. Et puis les pousses nouvelles provoquent le jeu : devinette, devinette - me diras-tu quelle fleur sortira de cette rosette verte ?

Pourtant, il est une herbe folle qui ne permet pas le doute. Regardez la s'élancer avec vigueur au dessus des autres, courbant son extrémité pour mieux prendre force. Elle retrousse ses feuilles en arrière, comme autant d'ailes s'arque boutant pour prendre un envol. C'est le Sceau de Salomon, commun et spectaculaire. Ses fleurs blanches en clochettes lui ont donné le nom de " Faux Muguet ". Profondes, elles ne sont pollinisées que par des Hyménoptères à la trompe assez longue pour pouvoir aller chercher le nectar. Quand la pollinisation n'a pas lieu au bon moment, il peut y avoir autofécondation.

Cette plante qui aime les ombrages et les bois, possède un rhizome vigoureux et charnu. L'année où une graine de Polygonatum se décide à germer, se forme juste un petit tubercule muni d'une racine, avec sur la partie supérieure, une petite feuille. Un bourgeon situé à l'extrémité développe l'année suivante un 2ème article, et ainsi de suite pendant quatre ou cinq ans. Puis le rhizome se redresse, et au lieu d'une feuille, il émet une tige portant cette fois, plusieurs feuilles. A sa base, dans l'axe du rhizome, un nouveau bourgeon produit un nouvel .article, tandis que l'ancien après disparition de la tige en garde l'empreinte sous forme d'une cicatrice circulaire. Cette dernière lui vaut son nom scientifique (du grec polus :nombreux, et gonu : genou), ainsi que son nom courant. Ces nœuds ressemblant à un sceau, on décréta que ce sceau appartint à Salomon en hommage à la sagesse légendaire de ce roi, et à sa connaissance des plantes.

Parfois, plusieurs bourgeons se forment sur ce rhizome. Il se ramifie alors, et ces ramifications finissent par devenir indépendantes.

Bien sur, ce caractère propre à cette plante inspira la " théorie des signatures ". Les nodosités furent comparées à des articulations ou des cors. La plante fut donc utilisée pour la consolidation des fractures. Cuite à l'étouffée, la racine écrasée et posée sur les contusions et les bosses les fait disparaître sans problème.

La plante, fraîche ou sèche était utilisée contre les panaris, les furoncles, les rhumatismes, la goutte. Dioscoride, au ler siècle, préconisait l'application de racines séchées pour accélérer la cicatrisation des plaies. On en tirait par distillation, une " eau de beauté " donnant une peau de velours.

Ses jeunes pousses sont consommées dans certains pays. Mais ses baies, émétiques et purgatives, d'un goût repoussant, provoquent vomissements et diarrhée, bradycardie et arythmie cardiaque, ainsi qu'une hypoglycémie. Elles ont provoqué des accidents mortels chez de jeunes enfants.

La présence de ses clochettes blanches dans un bouquet est l'emblème du secret entre celui qui donne et celui qui reçoit. Dans le langage imagé mais pourtant très réglementé des fleurs, elles symbolisent aussi la sagesse: bien sur, Salomon n'y est pas pour rien, et il faut bien assumer un tel nom !

 

Le printemps

Le Temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant clair et beau.

Il n'y a ni bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou ne crie :
" Le Temps a laissé son manteau "
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent d'orfèvrerie ;
Chacun s'habille de nouveau :
Le Temps a laissé son manteau.

Charles d'Orléans