Gui

gui

CLASSE : Dicotylédones
ORDRE : Santalales
FAMILLE : Loranthacées
NOM LATIN : Viscum album
NOMS VERNACULAIRES :
Gui, Verquet, Blondeau, Gu...
SIGNES PARTICULIERS :
Sous-arbrisseau hémiparasite. Espèce dioïque (pieds mâles et femelles séparés). Feuilles opposées et charnues. Il forme des touffes pouvant pousser en tous sens, y compris vers le bas. Fleurs mâles et femelles très petites et jaune-verdâtres, pollinisées par les insectes et poussant à l'aisselle des feuilles. En France, il y en a 3 espèces : celle qui pousse sur les feuillus, et aussi deux autres, dont une poussant sur les sapins et une autre sur les mélèzes et les pins en montagne.
FLORAISON :
Mars, avril, mai
 

Le gui, plante aérienne

L'originalité de sa vie octroie au gui une personnalité troublante. Au cours de l'histoire, l'homme l'a honoré et combattu. Boule toujours verte, ses feuilles tombent l'été après un an et demi d'existence. De nouvelles feuilles ont eu le temps de prendre la relève et d'assurer la pérennité du vert. Perché sur les branches d'un arbre, relayant le feuillage pendant l'hievr, c'est un magicien immortel, symbole lunaire chez les Gaulois. Mais seul celui du chêne était récolté. Cet arbre considéré alors comme solaire, l'accueille arement sur ses branches. Cette particularité renforçait la vénération portée au gui, et il était hors de question de lui substituer celui du pommier. Vivant en plein ciel, il ne fallait pas qu'il touche terre sous peine de perdre sa magie. Les druides, au cours de cérémonies solennelles, le coupaient avec leurs serpes d'or. Il était recueilli au vol dans des draps blancs de lin. Chaque brin était distribué et porté en amulette. Il écartait les démons, rendait invincible, accomplissait mille exploits dont celui de "dénouer l'aiguillette" des messsieurs qui en avaient besoin. Macéré dans de l'eau, il fournissait une liqueur qui était partagée entre tous pour préserver des sortilèges et des maladies.

Mais comment va-t-il se percher tout là-haut? Commençons par regarder une belle boule femelle, portant en décembre des fruits blancs et translucides. La nourriture se fait rare pour les oiseaux. Les fauvettes à tête noire qui n'ont pas choisi la migration, ne dédaignent pas ces repas offerts. Elles extraient patiemment la graine de son enveloppe collante, graine trop grosse pour leur tube digestif. Elles la posent sur une branche pas très loin de la boule, et gobe le reste. La grive, elle, ne fait pas tant de chichis : elle gobe tout, le tube digestif étant assez large, puis elle rejette la graine dans ses fientes. Si celle-ci tombe sur une branche, tant mieux ! (pour le gui). Mais attention, tous les arbres ne sont pas accueillants. Si le peuplier, le pommier, le tilleul, le saule, etc ... sont des hôtes de choix, le chêne, lui est récalcitrant. Pourtant, il y a pire : l'orme, le poirier, le châtaignier, le hêtre ... sont réfractaires. Une fois accrochée, la graine mettra des mois avant de fournir une pousse. Son premier travail est de puiser dans les ressources des cotylédons pour enfoncer un suçoir jusque dans l'aubier de l'arbre. C'est dans ce bois tendre de l'année, situé sous l'écorce, que monte la sève brute (eau + sels minéraux). Le suçoir permettra au gui de prélever sa part, l'arbre lui servant de racines par procuration. Ensuite, une petite branche se forme, suivie tous les ans par une nouvelle division. La croissance est très lente. Les rameaux s'étendent dans tous les sens, finissant par former ces jolies boules. Les feuilles sont vertes et contiennent de la chlorophylle. Le gui assure donc la photosynthèse et n'est qu'un demi-parasite. Certaines expériences ont même prouvé que l'arbre porteur pouvait bénéficier d'une partie des substances nutritives élaborées par le gui. Si quelques boules sont supportables par l'arbre, un trop grand nombre finit par entraver sa croissance. De plus le suçoir de naissance est relayé par tout un cordon qui s'étire sou l'écorce de la branche porteuse, détruisant la qualité du bois. En 1888 puis en 1893, des lois obligeaient les agriculteurs à couper le gui sous peine d'amende. Ses fruits sont remplis de viscine, liquide permettant à la graine de se fixer sur la branche élue. Cette substance très collante sert à fabriquer la glu... pour engluer par exemple, les pattes de nos grives citées plus ! Les feuilles peuvent fournir un fourrage, et dans le Perche les éleveurs s'en servaient pour augmenter la production de lait des vaches et brebis. Les fleurs sont utilisées contre l'épilepsie. Le gui combat l'hypertension artérielle et certaines de ses propriétés sont mises à profit dans la lutte contre le cancer. Et puis aujourd'hui, le gui garde sa réputation de porte-bonheur. S'embrasser dessous ou l'offrir le Jour de l'An assure bonheur et prospérité tout au long de l'année. C'est si simple qu'il ne faut pas s'en priver !